Consommez local, devenez locavore.

Publié le par Weapon of mass

Dans le livre « No impact man » dont je parlais il y a quelques temps, Colin Beavan avait pris l'initiative de manger des produits cultivés dans les alentours de la ville de New York. Il se cantonnait à un périmètre de 150 miles (240 kilomètres environ) autour de son habitation. Mais ce n'est pas le seul ni le premier à avoir suivi ce credo.

En effet, ce mouvement est né en 2006 à San Francisco en Californie sous le nom de locavore. Sa devise: manger local. Logique. Les carnivores mangent de la viande, les herbivores de l'herbe et les locavores mangent local. Pas toujours facile cela dit. Parce que pour trouver une plantation de café ou de cacao près de Paris, il va falloir se lever tôt. Il faut donc parfois faire quelques concessions.

Fruits de saisons

En quoi cela consiste ? A consommer des produits de saisons. D'accord, mais pourquoi ? Parce que hors saison, cela signifie que les denrées sont importées, souvent de très loin, impliquant alors d'important rejets polluants du fait du transport et du conditionnement des fruits et légumes (ou de la viande). Du coup, certains sites internet proposent de nous rappeler les saisons agricoles.

Annuaire locavore

Mais ce n'est pas tout. Le mouvement étant encore peu connu en France, d'autres sites proposent la collaboration des internautes pour établir une cartographie de bons plans pour locavores, comme des fermes, des magasins ou des marchés qui collent à leur esprit. C'est le cas de jesuislocavore.com par exemple, qui une fois l'inscription gratuite passée met à disposition un annuaire de bonnes adresses et offre la possibilité d'en rajouter afin de partager ses connaissances "locavoriennes".

Autre solution, les AMAP (Associations de Maintien de l'Agricole Paysanne). Il s'agit d'après le site national, de la « rencontre entre un groupe de consommateurs et un producteur prêt à entrer dans la déPanier Amapmarche ». Cela consiste à passer un contrat entre producteur et consommateurs qui s'entendent sur le choix de la production des fruits et légumes que l'agriculteur va cultiver puis vendre. Ainsi, des paniers préétablis à l'avance sont constituer. On ne choisit plus si on veut un kilo de pommes de terres et deux bottes de céleris ou un kilo de poires et six tomates. Non. Le cultivateur constitue ses paniers comme défini par le contrat initial, et les clients repartent avec les produits prévus. Il est toujours possible d'échanger le choufleur que l'on aime pas avec les carottes d'un autre consommateur si on trouve preneur. Les avantages de cette démarche sont pluriels. Tout d'abord, le gaspillage est moins important que dans les voies habituelles. Le calibrage étant supprimé et le but étant d'écouler toute la production, toutes les denrées sont vendues. Cela évite que les tomates qui ne sont pas assez rondes, ou les asperges pas assez vertes, pour les étals de la grande distribution finissent à la poubelle. Aussi l'absence d'intermédiaires dans les transactions permet aux acheteurs de trouver des produits frais à un meilleur prix que dans les supermarchés, et les agriculteurs peuvent, eux, mieux gagner leur vie. Du commerce équitable en somme.

Ci-dessous un reportage diffusé dans l'émission Tracks sur la chaîne Arte à propos des locavores.

 

 

Publié dans Environnement

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