L'édito du lundi 26 juillet 2010

Publié le par Weapon of mass

Qui a dit que la musique adoucissait les moeurs ? A la Love Parade de Duisbourg en Allemagne, on a des doutes. Le festival de musique électronique de ce week-end s'est en effet terminé sur un drame : 19 morts et environ 340 blessés. Aïe. La faute aux organisateurs, la faute à la police, suivant les accusateurs. La faute à tout le monde aussi peut-être. Il est dit dans la presse que le site du festival ne devait accueillir 250 000 personnes. Alors forcément, quand on essaie d'y faire rentrer 1 000 000 de mélomanes, ça risque de mal tourner. C'est un mouvement de panique qui en est à l'origine. Rien de nouveau en fait. La chaleur, l'alcool et peut-être quelques psychotropes pour certains, n'ont pas aider la foule à se déplacer dans le calme. Parce qu'il faut le savoir, une foule c'est idiot. Ce n'est pas moi qui le dit, non non. C'est comme ça. Déjà que lorsqu'on est en groupe avec des amis on ne fait pas forcément des trucs intelligents, mais alors à plusieurs milliers! En effet, il s'installe une conscience collective, et un intellect collectif. En groupe, nous agissons comme des bêtes dans un troupeau. Cela s'explique par l'instinct. L'individu n'est plus et seul le collectif s'exprime. Donc tout peut basculer pour un rien. Et oui, car le cerveau met un peu (beaucoup?) de côté sa rationalité et ses facultés d'analyses pour faire confiance à la meute. Parce que lorsque l'on voit tout le monde paniquer, par instinct de survie, on se dit qu'il y a un danger, donc qu'il faut paniquer, et là, fuir en l'occurrence pour les festivaliers de Duisbourg. Même à plus petite échelle cela fonctionne. Plusieurs études (qu'il faudrait que je retrouve pour mieux en parler) de psychologie sociale se sont intéressées à cet « abandon » au collectif. Par exemple, si des personnes attendent à un arrêt de bus, on est habitué en France à ce que ce soit chaotique. Pourtant, lorsque les premiers se mettent en file indienne, les nouveaux arrivants vont spontanément se mettre dans la file sans qu'on le leur demande. De même, une vidéo sur youtube présentait une expérience du même acabit dans un ascenseur. Tout le monde était de mèche pour influencer le comportement de quelqu'un qui n'était pas au courant de ce qui se passait. Ainsi, tous ensemble, ils se mettaient à se tourner dans la même direction, dos à la porte par exemple, sans dire un mot. Et le « testé » de faire de même après avoir vu la scène. Mais cela est facilement observable dans la vie de tout les jours. Si l'on est placé dans un environnement que l'on ne maîtrise pas, on imite le comportement des autres. Ce guichet à la poste où tout le monde va ? Prenons celui-ci au lieu de celui d'à côté qui est boudé par les gens qui nous précédent. S'ils sont tous au premier et pas à l'autre, c'est qu'il y a une raison! Cette porte de la gare que tout le monde emprunte alors qu'il y en a six autres? Utilisons-la, il doit y avoir une raison! Parce qu'à chaque fois on suppose: Si tout le monde prend cette porte, c'est que les autres doivent être fermées. Alors pourquoi essayer de les ouvrir? Si tout le monde se tourne, c'est que l'ascenseur va s'ouvrir de l'autre côté.  Le plus simple est de suivre le mouvement. En gros, nous sommes des moutons. Mais ça personne n'aime l'admettre et préfère considérer que chacun de nos actes est réfléchi et volontaire. En attendant, les 19 personnes qui ont été piétiné par la foule à Duisbourg ont plutôt dû voir une masse informe et sans discernement plutôt qu'une somme d'individus réfléchis. Voilà peut-être une solution pour sortir l'agriculture de la crise économique. Formons plus de bergers...

Publié dans L'édito du lundi

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