Dossier : Google - Nous travaillons tous pour Google.

Publié le par Weapon of mass

La force de Google, une main d'oeuvre bon marché? Corvéable à merci pour un salaire de misère? Non, mieux. Une armée de bénévoles : nous !

En effet, Google donne accès à de nombreux services, mais ce qui les rends performants, c'est leur exploitation par les utilisateurs, qui ne cessent de les optimiser. Un modèle de collaboration implicite, au contraire des wikis (Qui eux le sont explicitement). Plus un service est utilisé, plus il est performant. Ainsi, il sera encore plus utilisé. Un cercle vertueux en somme.

C'est le modèle de Youtube (Racheté en 2005 par Google) par exemple. Le site en lui-même ne produit rien. Il ne fournit qu'un support. Mais l'ajout de vidéos par les utilisateurs ramènent toujours plus de visionneurs, qui à leur tour fourniront des vidéos. Et ainsi de suite. Début 2009, le site recensait 120 millions de vidéos, issues à 80% d'amateurs. Chaque jour, 200 000 nouvelles vidéos étaient mises en ligne. De quoi distraire les utilisateurs des 300 millions de comptes ouverts sur le diffuseur de vidéos. Le site déclare lui-même que « Au total, cela équivaut à 24 heures de vidéos mises en ligne sur YouTube chaque minute ».

Dans le même genre, Picasa, son équivalent en matière de photos (Principal concurrent de FlickR). Là aussi, la plus value vient des utilisateurs qui constituent une base de donnée d'images gigantesque, mise à la disposition de tous. Et depuis l'année dernière, le logiciel s'associe à d'autres services de Google.

Ainsi, Google Maps est relié à Picasa pour proposer des photos d'utilisateurs sur une carte donnée. Mieux, celui-ci se combine également à Google Earth et permet de passer d'un mode plan à un mode image satellite. De même, le site de partage de photos géopositionnées Panoramio (Racheté en 2007 par Google) peut lui aussi être associé à Google Map et Google Earth. L'entreprise interconnecte de cette façon ses services pour les rendre plus utiles. Et toujours, ce sont les internautes qui optimisent l'application et créent ainsi une réelle valeur ajoutée comme en créant une carte de Lyon pour les lecteurs de BD par exemple.

 

Google map

 

Le meilleur exemple de service web dont la valeur est créé par les utilisateurs sont les blogs. C'est ainsi qu'en 2003, Google rachète Blogger. Mais Google ne se limite pas à ses propres services. Au contraire, elle s'ouvre aux autres. Ainsi, il est possible d'insérer sur son blog des vidéos Youtube , ou d'ajouter une carte de Google Maps sur son site. Google se rend accessible, donc présent et visible, pour au final, se rendre indispensable.

De même, afin de présenter les meilleurs résultats grâce à son moteur de recherches, Google prend en compte nos liens, nos visualisations de pages, bref, tout ce qui lui permet de mesurer le succès d'un article ou d'un site. De cette façon, en plus d'indexer les termes de nos recherches et d'un maximum de pages webs, Google évalue par la popularité la réponse la plus pertinente aux demandes qui lui sont soumise. En surfant sur le web et en créant du contenu, on rend donc le moteur de plus en plus performant.

 

Google research

 

 

Dernière trouvaille de Google, nous faire travailler pour elle sans que l'on ne demande rien. Un échange de bon ReCaptchaprocédé que beaucoup ignorent. C'est ainsi qu'après avoir racheté la société éditrice du logiciel ReCaptcha (Un contrôle de sécurité qui s'assure que nous sommes des humains et pas des logiciels automatisés), la compagnie a décidé de l'optimiser pour l'aider dans sa tâche de numérisation des livres. En effet, le service Google Books propose la lecture en ligne d'ouvrages numérisés. Mais les scanners chargés de ce travail font parfois l'impasse sur certains termes et ne parviennent pas à les reconnaître. D'où l'idée d'utiliser ReCaptcha : Quand la boîte de dialogue s'ouvre, elle nous demande de recopier deux termes afin de contrôler que nous sommes humains. En réalité, un seul suffit. Le deuxième est un terme que les scanners n'ont pas réussi à identifier et que l'on nous soumet afin de le déchiffrer à leurs places.

 

Un cercle vertueux donc mais qui possède ses points faibles. En effet, en créant des liens à foison vers une page ou en s'appropriant certains mots-clefs, on peut très vite orienter des résultats de recherches. Certaines sociétés du domaine de la communication utilisent déjà ces astuces pour faire disparaître des résultats gênant pour une entreprise des premières pages de résultats. Comme quoi, on est jamais sûr de rien.

Publié dans Economie

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